Voici Hippogallic. Il s'agit d'un personnage en travaux et pour l'heure éminemment vide qui devrait commencer à s'épaissir sous peu à travers un domaine qui m'accapare plus que de raison depuis pas loin d'un an et qu'un certain nombre, il me semble, considèrent avec mépris.
J'ai aussi ma fierté je dois dire, et à mesure que j'écris ces lignes, j'hésite à en dire plus. Pour compter employer ce portrait (avec quelques autres images bientôt faites) dans une Creepypasta particulièrement conséquente que j'ai en projet avec d'autres depuis un moment, je devrais savoir qu'il a tout du cliché. Un masque vide qui regarde dans le vide, et en noir et blanc pour faire genre blanc et noir, c'est on ne peut plus classique. Mais bizarrement, je l'aime bien et je lui réserve autant d'avenir que je lui puis offrir.
Quand on le fait au sens classique du terme, l'écriture d'un ou d'une Creepypasta est un exercice pénible, déroutant ou assez enrichissant. Il ne s'agit plus de littérature, et mes facilités de rédaction (assez pédantes lorsque non muselées) voient leur valeur réduite de quelques crans. On a même tout intérêt à les laisser au placard, certains allant même jusqu'à introduire sciemment des fautes de syntaxe pour plus de crédibilité. On se retrouve en fait faussaire, et ce, sur deux plans.
-La véracité. Le plus évident est que le lecteur doive croire à ce qu'il lit. C'est le plan canular; en vérité, la majorité sont prévenus que ce qu'ils lisent est faux, mais à force de persuasion, on finit toujours par faire naître l'ombre d'un doute dans un coin de l'esprit. J'irais même jusqu'à dire qu'un doute restreint est notablement plus déroutant ou horrifique qu'une crédulité aveugle.
-L'angoisse de synthèse. Le faussaire de sentiments connaît quelques processus de peur ou d'angoisse rudimentaires, tels la vallée dérangeante dont l'existence ne me semble plus à démontrer. Principe expliqué aux ignorants: plus une chose est proche de nous et plus ses imperfections nous apparaissent monstrueuses. Pour ce qui est des masques, Lévi-Strauss a tout dit et il ne me semble pas nécessaire de développer plus.
Le canular et les sentiments forcés ne sont bien sûr pas un art et n'ont pas à prétendre en être un, mais cette discipline sait au moins se montrer distrayante autant pour son lecteur que pour son faussaire; du moins, quand elle est conduite avec soin. J'ai aimé, fut un temps, lui donner une valeur autre en la qualifiant d'artisanat, mais ça ne me semble pas beaucoup moins faux quand on y réfléchit. Je n'irai pas nier que la lecture et l'écriture de ces machins me prend une bonne part de mon temps libre; pour autant, ce n'est pas un travail, et de ce fait, non plus un artisanat. J'essaie tant bien que mal de m'en persuader pour rester un tant soit peu attaché à l'étude de la biologie.
Du coup, il me semble aisé et pratique de dire que ce n'est rien. On évite ainsi les débats et on proclame avec fierté qu'on méprise cette fiction de caniveau, quand bien même c'est ce qu'on écrit de plus comestible.
jeudi 16 janvier 2014
mardi 31 décembre 2013
Bout rimé du nouvel an
De tous ces artisans il n'en est qu'un, je gage,
Qui jamais bien saura user d'une tondeuse:
Celui qui court le cuir a l'aisance d'une danseuse,
A gagné par les ans un somptueux bagage.
Il fait ce qu'il juge bon, et ne suit pas la vogue
Et contre le courant, hardie, va sa pirogue.
Allant point enchaîné mais digne des écrits
Tout en soignant du mal une pseudomembrane
Il fait le bien pour tous, étouffant sans un cri
Les maux ignobles et verts et vils et qui ricanent.
D'une tondeuse vengeresse au puissant rugissement
Il court le cuir et soigne et vainc le jaunissement.
Petit mâcheur dans l'ombre, âme indépendantiste,
Le pro de la tondeuse est bien sûr le dentiste.
Qui jamais bien saura user d'une tondeuse:
Celui qui court le cuir a l'aisance d'une danseuse,
A gagné par les ans un somptueux bagage.
Il fait ce qu'il juge bon, et ne suit pas la vogue
Et contre le courant, hardie, va sa pirogue.
Allant point enchaîné mais digne des écrits
Tout en soignant du mal une pseudomembrane
Il fait le bien pour tous, étouffant sans un cri
Les maux ignobles et verts et vils et qui ricanent.
D'une tondeuse vengeresse au puissant rugissement
Il court le cuir et soigne et vainc le jaunissement.
Petit mâcheur dans l'ombre, âme indépendantiste,
Le pro de la tondeuse est bien sûr le dentiste.
À l'année prochaine...
samedi 28 décembre 2013
Débris dans les bois
La vision angoissante des reliefs d'une fête mystérieusement disposés dans une clairière sauvage, photographiés au flash, de nuit (merci du cliché), me revient régulièrement ces derniers temps. C'est que j'ai bien envie de mettre ceci en scène une bonne fois pour toutes, et de la faire, cette photo au flash, moyennant quelques éléments supplémentaires qui n'apparaissent pas ici (chaises de jardin et masques de cheval ou autre suspendus dans les fourrés). Cette mise en scène seule me paraît si insistante qu'il s'agit probablement d'une réminiscence de film d'horreur. Mais je crois encore un peu en mon imagination, mon répertoire dans ce domaine étant fort restreint.
samedi 14 décembre 2013
Citation de première importance
Ce billet inhabituellement militant nous vient d'un certain Magnosa que vous trouverez en lien ci-contre. Le message me semble de première importance. Sans doute, nous n'y pourrons rien, mais sachons au moins ce qui pèse sur nous. Cela me semble être le strict nécessaire.
Nota bene: je le reproduis ici tel quel et sans coupures de travers par simple respect pour son auteur, même si ma bien-pensance de faiblard me commanderait de nuancer certains points (la fraternité notamment).
Bref, je me demande où va l'internet, si ce n'est vers une dictature qui laisse de plus en plus tomber son masque. Et nous sommes piégés dedans, car après tout, après des années de liberté sur la toile, nous avons nos petites habitudes, nous regardons nos vidéos sur Youtube, nous communiquons avec nos amis par Skype ou Facebook, nous postons nos images sur Tumblr ou Instagram, etc (je généralise, sachant que certains ont d'autres habitudes, mais l'internaute moyen fait la navette entre ces sites en permanence). Quand, après des années de loyaux services, nos sites favoris se transforment en gouffre à billets avec caméra de surveillance intégrée, la plupart des gens se taisent et se livrent pieds et mains liés, permettant ainsi le contrôle global des foules et l'abolition des libertés individuelles. Quant aux débrouillards qui migrent sur d'autres sites, les lois qui passent en douce dans nos beaux pays permettent de les passer sous silence et de les garder à l'oeil malgré tout.
Que pensez-vous de l'avenir d'Internet, et surtout de ses internautes ? Nous verrons-nous forcés de nous cacher dans les contrées obscures du DeepWeb ? À suivre...
Nota bene: je le reproduis ici tel quel et sans coupures de travers par simple respect pour son auteur, même si ma bien-pensance de faiblard me commanderait de nuancer certains points (la fraternité notamment).
Il était une fois un internet libre...
... où tout le monde pouvait mettre en ligne ce
qu'il voulait, s'exprimer librement et surfer sans crainte sur le web.
Bien sûr, il y avait quelques soucis, parfois il transmettait des virus,
et dans les pires des cas certains de ses membres profitaient de son
ouverture d'esprit pour planifier des actes affreux. Cependant, dans
l'ensemble tout allait bien, ces problèmes n'étant qu'une infime partie
de son immensité. Il devenait de plus en plus fréquenté, et devenait
même une source de fraîcheur dans la vie morne de nombreuses personnes
qui y trouvaient un moyen d'échapper à la routine journalière "métro,
boulot, dodo". Et puis un jour, des gens hauts placés et "bien pensants"
sont arrivés, et Internet changea. Fin.
Je pense que vous l'aurez remarqué, 2013 est une année bien sombre pour le net. Il y a deux jours, Youtube mettait à jour sa politique CMS, menaçant ainsi ses petits membres (Ombriste en a d'ailleurs fait les frais) et se tournant vers une démarche de contrôle absolu et d'exploitation commerciale de sa communauté. Youtube qui, racheté par Google, avait déjà signé la mort de la liberté d'expression en forçant au silence tous ceux qui ne disposaient pas d'un compte Google+ et en permettant d'identifier à 100% l'auteur d'un commentaire qui en avait un. Aujourd'hui, c'est avec des yeux révulsés par l'horreur de la chose puis complètement blasés que j'ai lu l'adoption par NOTRE Sénat, suivant l'exemple de NOTRE Assemblée Nationale (cocorico !) de leur loi de programmation militaire qui alimentait la controverse depuis un moment. Pour ceux qui n'ont pas suivi, voici ce que cette loi permet :
- la capture en temps réel d’informations et de documents (qui« peuvent être recueillis sur sollicitation du réseau et transmis en temps réel par les opérateurs aux agents mentionnés ») auprès aussi bien des hébergeurs que des fournisseurs de service.
- de requérir ou capturer des « informations ou documents traités ou conservés par leurs réseaux ou services », et non plus seulement des données de connexion.
- l’élargissement de la liste des administrations qui peuvent requérir ces interceptions ou captures, par exemple au ministère de l’économie et du budget.
- l’élargissement des finalités de ces mesures à la sauvegarde du « potentiel scientifique et économique de la France » et à la prévention « de la criminalité ou de la délinquance organisées ».
Bien évidemment, interdiction de s'insurger, puisque, comme l'affirme si bien maître Alain Bensoussan, "cette loi est un véritable mieux par rapport à la situation actuelle. Le processus est bien plus transparent et permet une traçabilité de la surveillance". Bien sûr. Cool. Je résume avec mes mots l'idée qui se cache très loin là-dessous : "Vous faites quelque chose d'illégal ? Qu'à cela ne tienne, faites simplement passer une loi qui légalise cela !" Notre cher avocat n'est en revanche pas tout à fait d'accord avec l'idée que la lutte contre la criminalité rende optionnelle l'intervention d'un juge au profit d'un pouvoir décisionnel indiscutable de tous les corps auxquels s'étendent la loi. Dans un futur proche, on pourra donc peut être vous envoyer en prison du jour au lendemain sans passer par la case procès. Démocratie avez-vous dit ? J'ai pour ma part ma propre conception de notre devise nationale,
Je pense que vous l'aurez remarqué, 2013 est une année bien sombre pour le net. Il y a deux jours, Youtube mettait à jour sa politique CMS, menaçant ainsi ses petits membres (Ombriste en a d'ailleurs fait les frais) et se tournant vers une démarche de contrôle absolu et d'exploitation commerciale de sa communauté. Youtube qui, racheté par Google, avait déjà signé la mort de la liberté d'expression en forçant au silence tous ceux qui ne disposaient pas d'un compte Google+ et en permettant d'identifier à 100% l'auteur d'un commentaire qui en avait un. Aujourd'hui, c'est avec des yeux révulsés par l'horreur de la chose puis complètement blasés que j'ai lu l'adoption par NOTRE Sénat, suivant l'exemple de NOTRE Assemblée Nationale (cocorico !) de leur loi de programmation militaire qui alimentait la controverse depuis un moment. Pour ceux qui n'ont pas suivi, voici ce que cette loi permet :
- la capture en temps réel d’informations et de documents (qui« peuvent être recueillis sur sollicitation du réseau et transmis en temps réel par les opérateurs aux agents mentionnés ») auprès aussi bien des hébergeurs que des fournisseurs de service.
- de requérir ou capturer des « informations ou documents traités ou conservés par leurs réseaux ou services », et non plus seulement des données de connexion.
- l’élargissement de la liste des administrations qui peuvent requérir ces interceptions ou captures, par exemple au ministère de l’économie et du budget.
- l’élargissement des finalités de ces mesures à la sauvegarde du « potentiel scientifique et économique de la France » et à la prévention « de la criminalité ou de la délinquance organisées ».
Bien évidemment, interdiction de s'insurger, puisque, comme l'affirme si bien maître Alain Bensoussan, "cette loi est un véritable mieux par rapport à la situation actuelle. Le processus est bien plus transparent et permet une traçabilité de la surveillance". Bien sûr. Cool. Je résume avec mes mots l'idée qui se cache très loin là-dessous : "Vous faites quelque chose d'illégal ? Qu'à cela ne tienne, faites simplement passer une loi qui légalise cela !" Notre cher avocat n'est en revanche pas tout à fait d'accord avec l'idée que la lutte contre la criminalité rende optionnelle l'intervention d'un juge au profit d'un pouvoir décisionnel indiscutable de tous les corps auxquels s'étendent la loi. Dans un futur proche, on pourra donc peut être vous envoyer en prison du jour au lendemain sans passer par la case procès. Démocratie avez-vous dit ? J'ai pour ma part ma propre conception de notre devise nationale,
LIBERTÉ
ÉGALITÉ
FRATERNITÉ
.
Bref, je me demande où va l'internet, si ce n'est vers une dictature qui laisse de plus en plus tomber son masque. Et nous sommes piégés dedans, car après tout, après des années de liberté sur la toile, nous avons nos petites habitudes, nous regardons nos vidéos sur Youtube, nous communiquons avec nos amis par Skype ou Facebook, nous postons nos images sur Tumblr ou Instagram, etc (je généralise, sachant que certains ont d'autres habitudes, mais l'internaute moyen fait la navette entre ces sites en permanence). Quand, après des années de loyaux services, nos sites favoris se transforment en gouffre à billets avec caméra de surveillance intégrée, la plupart des gens se taisent et se livrent pieds et mains liés, permettant ainsi le contrôle global des foules et l'abolition des libertés individuelles. Quant aux débrouillards qui migrent sur d'autres sites, les lois qui passent en douce dans nos beaux pays permettent de les passer sous silence et de les garder à l'oeil malgré tout.
Que pensez-vous de l'avenir d'Internet, et surtout de ses internautes ? Nous verrons-nous forcés de nous cacher dans les contrées obscures du DeepWeb ? À suivre...
samedi 23 novembre 2013
Nouvelles technologies
Aujourd'hui, mots-valises.
Le premier m'a été présenté au festival international du film Le masque de Zorro, qui se tient chaque année dans la banlieue d'Iquitos en Amazonie péruvienne. Lors de cet évènement indubitable, les admirateurs de tout poil présentent sous diverses formes tous le même film, ce qui est d'un ennui mortel sauf si l'on a la patience d'attendre une surprise surprenante. J'en eus la preuve lors de la présentation du Zorroscope, un très rare procédé cinématographique vintage reproduisant à merveille les plis volumineux de la cape du grand homme.
Le second est issu de tractations, jusqu'alors tenues secrètes, entre deux époques et deux secteurs très différents. Son design et sa perspective approximatives, ainsi que la qualité pour le moins douteuse des étoiles, seraient dûs aux divers dysfonctionnements des moyens de communications mis en œuvre pour joindre les industriels impliqués. Voici le Tie-phone:
Le premier m'a été présenté au festival international du film Le masque de Zorro, qui se tient chaque année dans la banlieue d'Iquitos en Amazonie péruvienne. Lors de cet évènement indubitable, les admirateurs de tout poil présentent sous diverses formes tous le même film, ce qui est d'un ennui mortel sauf si l'on a la patience d'attendre une surprise surprenante. J'en eus la preuve lors de la présentation du Zorroscope, un très rare procédé cinématographique vintage reproduisant à merveille les plis volumineux de la cape du grand homme.
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| Partez pas, y a pire. |
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| Partez, y a pas pire. |
lundi 4 novembre 2013
Sur la lande
Une minuscule éminence verte rampe triomphalement sur la lande:
Son nom sera Orthotrichum sinister, car elle est d'une beauté très gauche, bien maladroite car trop insignifiante pour être notée.
Son nom sera Orthotrichum sinister, car elle est d'une beauté très gauche, bien maladroite car trop insignifiante pour être notée.
BONUS-CIMETIÈRE
BONUS-BOTANIQUE
-Selon toute vraisemblance, Orthotrichum sinister n'existe pas et n'a aucune raison d'exister.
-Malgré leur discrétion et leur apparente homogénéité, les Bryophyta (mousses et hépatiques) sont parmi les plantes les plus diversifiées avec plus de 25 000 espèces -juste derrière les
200 000 et quelque Angiosperma.
200 000 et quelque Angiosperma.
samedi 2 novembre 2013
Angoisse du moment
J'appréhende le jour où mon traitement de texte sera pourvu d'un correcteur de logique.
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