Si je m'en vais en guerre contre la paix, cherchera-t-elle seulement à se défendre?
Que je déclare la guerre, et à la seconde même je serai sacré roi - le roi pour au moins quelques instants.
mardi 24 juin 2014
jeudi 12 juin 2014
Quai Rousseau
J'ai fait cette petite vidéo d'exploration pour le site CFTC. Sachant que son retentissement serait de toutes façons nul ou infinitésimal, autant la faire voir par ici aussi...
mardi 6 mai 2014
Camionnette d'un mannequin menacé
Il y avait un mannequin qui, après une longue tournée sur les routes d'Europe, avait décidé de stopper sa camionnette pour dormir un peu et faire le point sur le chemin parcouru.
Il s'était garé sur les quais, il n'a pas bougé du siège conducteur depuis.
Il semblait perturbé et mélancolique, ou du moins pas d'humeur à maintenir l'ordre sur son tableau de bord. Des fétiches reposaient sur la surface ou pendaient au-dessus d'elle.
En vérité, le mannequin n'était que panique et patience, perpétuellement menacé par une bouche à feu maintenue par une douloureuse entrave.
(Sans l'aimable autorisation du propriétaire de ce curieux bordel automobile.)
Il s'était garé sur les quais, il n'a pas bougé du siège conducteur depuis.
Il semblait perturbé et mélancolique, ou du moins pas d'humeur à maintenir l'ordre sur son tableau de bord. Des fétiches reposaient sur la surface ou pendaient au-dessus d'elle.
En vérité, le mannequin n'était que panique et patience, perpétuellement menacé par une bouche à feu maintenue par une douloureuse entrave.
(Sans l'aimable autorisation du propriétaire de ce curieux bordel automobile.)
vendredi 11 avril 2014
Isoetes ongulata ssp. sempernigra
Ceci devrait comporter trois ou quatre mouvements, voici celui qui pourrait être soit le premier soit le troisième. Dans le cas très probable où le projet se verrait abandonné, il pourrait exister indépendamment.
Au milieu des parcelles de junkies éructantes et trébuchantes, il y avait un homme qui tenait droit. Son nom était Raoul et André, le drogueur.
Raoul et André glissait parmi eux avec à la main une mallette d'un noir lisse, d'un coin s'écoulait un noir visqueux. Autour de lui ils léchaient, les yeux rougis, les gouttes évadées. Il marchait vers le repaire de vieux routards du voyage immobile sis dans une cave noire voûtée, sous une enseigne faite de faisceaux de néons clairs.
Je l'attendais et n'allais pas avoir à me contenter des gouttes. Il poussa les opiacés et les tabagés, les cokiens et alcoolémites qui encombraient la table pour ouvrir sa mallette noir lisse.
Des Isoetes ongulata de la sous-espèce sempernigra, fraîchement pêchés dans les marais du délire, petites pelotes de rubans dégoulinants d'une humeur noir visqueux qui protégeait la chose du dessèchement et nourrissait l'imaginaire. Je recueillis la plante au creux de ma main gauche et suçai une des feuilles, je n'avais pas le choix puisqu'on me la tendait.
Le végétal saigné collait et ballottait dans ma paume. Les humeurs noires me donnaient l'impression d'être immergé dans un bassin de matières molles, et jusque sous les ongles et jusque dans le creux des gencives, partout cette pourriture magnifique et triomphante s'insinuait avec force, la morve sombre m'enivrait de rêves de suie et d'humidité.
Le drogueur se troublait, la salle aussi. Ma chaise me donnait l'impression d'être molle et j'enfonçai dans l'assise, et des taches noires parsemèrent les lumières. Le drogueur ricana. Non, le noir ricana. Dans la vase qui recouvrait maintenant ma vue, des songes se mettaient en place, et puis il se retira en me laissant seul devant un voile d'encre.
Un tunnel de gelée sombre, je parcourais les conforts bétonnés. Les faisceaux de matières molles serpentaient en cadence faible comme l'artère d'une horloge, ils m'indiquaient le bout du couloir où le sombre était plus clair. Je sortis dans une pièce ronde ou cardiée, une assemblée de choses diverses cadençait au milieu en agitant des faisceaux de griffes rigides.
Étiez-vous des drogueurs comme Raoul et André? Nous n'en étions plus, disiez-vous. Étiez-vous donc des rêves sans substrat? Probablement. N'aviez-vous donc aucune attache hors les conforts bétonnés? Aucune de connue, nous avions perdu le compte des mondes traversés. Pouviez-vous faute de mieux me rendre l'expérience agréable? Certes, répondiez-vous tout en vous pressant contre moi.
La plante visqueuse ballottait dans ma paume, les démons plantèrent des tubes rigides dans le substrat et, autour, dans les raies et je n'étais plus que fibres. L'assise était pâteuse maintenant, j'y enfonçais peu et grassement. Je me tirai vers la voûte.
Mais déjà la poisse noire s'éclaircissait et se faisait moins... poisseuse? Les griffes me retenaient encore, je me débarrassai de mes fibres. Les démons trébuchèrent en hurlant, au fond du bassin de matières molles, et je nageai vers la surface et j'émergeai un poing rouge, le gauche. La poisse déjà s'éclaircissait et se faisait plus fluide, elle se faisait huile de couleur et séchait en plaques carmin. Les griffes étaient derrière et je m'agitais dans la poisse rouge. Des mots! Tout en élevant le poing j'entendis des mots et une tache de lumière jaune.
Autotomie, Raoul et André, c'est bien ce que tu m'as dit? Autotomie, ce fut un beau voyage. Je sentais maintenant le creux de mes côtes, défait de toutes fibres et très creux. Autotomie, la poisse rouge s'écoule toujours, autotomie, semperrubra.
Merci Raoul et André, ce fut un beau voyage.
____________
Pour une mise en forme orale: Étudier un croisement de ceci et de cela.
Au milieu des parcelles de junkies éructantes et trébuchantes, il y avait un homme qui tenait droit. Son nom était Raoul et André, le drogueur.
Raoul et André glissait parmi eux avec à la main une mallette d'un noir lisse, d'un coin s'écoulait un noir visqueux. Autour de lui ils léchaient, les yeux rougis, les gouttes évadées. Il marchait vers le repaire de vieux routards du voyage immobile sis dans une cave noire voûtée, sous une enseigne faite de faisceaux de néons clairs.
Je l'attendais et n'allais pas avoir à me contenter des gouttes. Il poussa les opiacés et les tabagés, les cokiens et alcoolémites qui encombraient la table pour ouvrir sa mallette noir lisse.
Des Isoetes ongulata de la sous-espèce sempernigra, fraîchement pêchés dans les marais du délire, petites pelotes de rubans dégoulinants d'une humeur noir visqueux qui protégeait la chose du dessèchement et nourrissait l'imaginaire. Je recueillis la plante au creux de ma main gauche et suçai une des feuilles, je n'avais pas le choix puisqu'on me la tendait.
Le végétal saigné collait et ballottait dans ma paume. Les humeurs noires me donnaient l'impression d'être immergé dans un bassin de matières molles, et jusque sous les ongles et jusque dans le creux des gencives, partout cette pourriture magnifique et triomphante s'insinuait avec force, la morve sombre m'enivrait de rêves de suie et d'humidité.
Le drogueur se troublait, la salle aussi. Ma chaise me donnait l'impression d'être molle et j'enfonçai dans l'assise, et des taches noires parsemèrent les lumières. Le drogueur ricana. Non, le noir ricana. Dans la vase qui recouvrait maintenant ma vue, des songes se mettaient en place, et puis il se retira en me laissant seul devant un voile d'encre.
Un tunnel de gelée sombre, je parcourais les conforts bétonnés. Les faisceaux de matières molles serpentaient en cadence faible comme l'artère d'une horloge, ils m'indiquaient le bout du couloir où le sombre était plus clair. Je sortis dans une pièce ronde ou cardiée, une assemblée de choses diverses cadençait au milieu en agitant des faisceaux de griffes rigides.
Étiez-vous des drogueurs comme Raoul et André? Nous n'en étions plus, disiez-vous. Étiez-vous donc des rêves sans substrat? Probablement. N'aviez-vous donc aucune attache hors les conforts bétonnés? Aucune de connue, nous avions perdu le compte des mondes traversés. Pouviez-vous faute de mieux me rendre l'expérience agréable? Certes, répondiez-vous tout en vous pressant contre moi.
La plante visqueuse ballottait dans ma paume, les démons plantèrent des tubes rigides dans le substrat et, autour, dans les raies et je n'étais plus que fibres. L'assise était pâteuse maintenant, j'y enfonçais peu et grassement. Je me tirai vers la voûte.
Mais déjà la poisse noire s'éclaircissait et se faisait moins... poisseuse? Les griffes me retenaient encore, je me débarrassai de mes fibres. Les démons trébuchèrent en hurlant, au fond du bassin de matières molles, et je nageai vers la surface et j'émergeai un poing rouge, le gauche. La poisse déjà s'éclaircissait et se faisait plus fluide, elle se faisait huile de couleur et séchait en plaques carmin. Les griffes étaient derrière et je m'agitais dans la poisse rouge. Des mots! Tout en élevant le poing j'entendis des mots et une tache de lumière jaune.
Autotomie, Raoul et André, c'est bien ce que tu m'as dit? Autotomie, ce fut un beau voyage. Je sentais maintenant le creux de mes côtes, défait de toutes fibres et très creux. Autotomie, la poisse rouge s'écoule toujours, autotomie, semperrubra.
Merci Raoul et André, ce fut un beau voyage.
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Pour une mise en forme orale: Étudier un croisement de ceci et de cela.
samedi 15 mars 2014
mardi 4 février 2014
Les tendances: la subdivision
Aujourd'hui: Épistémologie.
Ce n'est pas une question particulièrement évidente de prime abord: pourquoi classer le vivant? Ou autre chose, mais le vivant est un sujet que je connais.
De fait, cette question ne se pose pas. Personne ne se demande pourquoi la tomate est un fruit et non un légume, pourquoi les poissons, les reptiles et les polychètes n'existent plus: il ne s'agit pas de comprendre pourquoi, il faut le savoir et rien d'autre; c'est un dogme.
C'est que classer est une tendance naturelle et irrépressible de l'esprit, tout comme l'illusion du temps ou, dans une moindre mesure, la foi (foi en diverses choses diversement divines). On classe parce qu'il le faut. À ce sujet le prétexte le plus solide est l'organisation du savoir, qui permet un meilleur apprentissage: un arachnologue britannique utilisait à cet effet l'image d'une quincaillerie où les vis étaient classées en plates et rondes, puis en simples et cruciformes, puis en tailles. Je cherche une vis plate cruciforme de 22 mm: je vais au rayon des vis plates, à l'étagère des cruciformes, où elles seront probablement classées par ordre de taille.
En revanche, pourquoi faut-il qu'une seule de ces classifications s'impose en dogme et fasse passer toutes les autres pour des billevesées, je ne me l'explique pas. Pourquoi la tomate (je me répète) ne peut-elle être considérée comme légume dans son contexte culinaire. Peut-être, avançai-je avec mépris, que ces gens ne peuvent accepter que plusieurs classifications existent, chacune ayant son utilité. Parce que c'est bien utile de savoir que la tomate dans les cuisines occidentales se mange salée et plus souvent cuite.
Le cas des classifications dites scientifiques est plus complexe. Linné a été plus ou moins viré des délibérations, et on lui préfère désormais la classification phylogénétique du vivant née des théories de l'évolution: un groupe monophylétique, ou clade, ne peut se définir que par ce qu'il possède (caractères homologues à l'état dérivé, ou synapomorphies), et non par ce qu'il n'a pas. Ce qui explique que les reptiles et les poissons ne soient plus. Reptiles: sauropsides dépourvus de plumes (tous sauf les oiseaux); poissons: vertébrés dépourvus de membre charnu (tous sauf les dipneustes, coelacanthes, et les vertébrés dits "supérieurs" à partir des amphibiens). Ces deux groupes sont des grades, définis par une absence. Bien qu'en désaccord avec la nomenclature actuelle, ils sont loin d'être foncièrement impertinents. D'autres systèmes, comme les clés dichotomiques, ont l'intérêt de mettre la détermination d'une espèce à la portée de n'importe quel crétin d'étudiant comme moi tout en étant pour bonne partie phylogénétiquement fausses. De sorte que cela a tendance à choquer le profane lorsqu'elles touchent un domaine très général. Foncièrement fausses, certes, mais très pratiques.
La phylogénie moléculaire induit des classifications dans l'idéal dichotomiques, chaque clade ne comportant que deux sous-clades. Les tridents et autres râteaux sont bannis: un noeud représentant la subdivision d'une lignée en plusieurs, il est plus qu'improbable qu'un seul ancêtre donne au même instant t plus de deux descendants. C'est clair et pertinent.
En revanche, c'est rien moins que pratique. La multiplication des termes, tant pour les clades en eux-mêmes que pour les niveaux de classification, est démentielle. Linné avait défini sept niveaux en tout: règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre et espèce; l'évolution aidant, on y ajouta les empires, tribus et sous-tribus, sous-classes, infra-classes, super-ordres, sections et tant d'autres. Par ce subterfuge, ceux qui se raccrochent à l'ancien système parviendraient facilement à une cinquantaine de niveaux; mais beaucoup de phylogénistes ne s'en donnent même plus la peine, le simple terme "clade" les recouvrant tous d'un coup.
Il en résulte que bien qu'étant la seule classification biologiquement pertinente et la seule enseignée en détail, la classification phylogénétique du vivant est la moins utilisée sur le terrain et probablement, de fait, la moins utile dans quelque domaine que ce soit.
Une phylogénie n'est en soi pas une classification, mais une étude des relations de parenté: il m'est donc avis qu'elle se suffit largement à elle-même, inutile d'en faire un système de boîtes (puisque d'autres systèmes existent au préalable et que leur confort d'utilisation n'est plus à démontrer).
En la considérant (bien que ce soit quelque peu inexact) comme un arbre généalogique, faisons une simple comparaison: peut-on classer nos ancêtres?
...On me rétorquera bien sûr que certains passionnés par le sujet distinguent facilement chez les leurs une branche flamande et une branche ouzbek... Et tout tombe à plat.
Source majeure: http://tolweb.org/tree/phylogeny.html
Un site que je pourrais appeler la Bible ou plus simplement Dieu.
Ce n'est pas une question particulièrement évidente de prime abord: pourquoi classer le vivant? Ou autre chose, mais le vivant est un sujet que je connais.
De fait, cette question ne se pose pas. Personne ne se demande pourquoi la tomate est un fruit et non un légume, pourquoi les poissons, les reptiles et les polychètes n'existent plus: il ne s'agit pas de comprendre pourquoi, il faut le savoir et rien d'autre; c'est un dogme.
C'est que classer est une tendance naturelle et irrépressible de l'esprit, tout comme l'illusion du temps ou, dans une moindre mesure, la foi (foi en diverses choses diversement divines). On classe parce qu'il le faut. À ce sujet le prétexte le plus solide est l'organisation du savoir, qui permet un meilleur apprentissage: un arachnologue britannique utilisait à cet effet l'image d'une quincaillerie où les vis étaient classées en plates et rondes, puis en simples et cruciformes, puis en tailles. Je cherche une vis plate cruciforme de 22 mm: je vais au rayon des vis plates, à l'étagère des cruciformes, où elles seront probablement classées par ordre de taille.
En revanche, pourquoi faut-il qu'une seule de ces classifications s'impose en dogme et fasse passer toutes les autres pour des billevesées, je ne me l'explique pas. Pourquoi la tomate (je me répète) ne peut-elle être considérée comme légume dans son contexte culinaire. Peut-être, avançai-je avec mépris, que ces gens ne peuvent accepter que plusieurs classifications existent, chacune ayant son utilité. Parce que c'est bien utile de savoir que la tomate dans les cuisines occidentales se mange salée et plus souvent cuite.
Le cas des classifications dites scientifiques est plus complexe. Linné a été plus ou moins viré des délibérations, et on lui préfère désormais la classification phylogénétique du vivant née des théories de l'évolution: un groupe monophylétique, ou clade, ne peut se définir que par ce qu'il possède (caractères homologues à l'état dérivé, ou synapomorphies), et non par ce qu'il n'a pas. Ce qui explique que les reptiles et les poissons ne soient plus. Reptiles: sauropsides dépourvus de plumes (tous sauf les oiseaux); poissons: vertébrés dépourvus de membre charnu (tous sauf les dipneustes, coelacanthes, et les vertébrés dits "supérieurs" à partir des amphibiens). Ces deux groupes sont des grades, définis par une absence. Bien qu'en désaccord avec la nomenclature actuelle, ils sont loin d'être foncièrement impertinents. D'autres systèmes, comme les clés dichotomiques, ont l'intérêt de mettre la détermination d'une espèce à la portée de n'importe quel crétin d'étudiant comme moi tout en étant pour bonne partie phylogénétiquement fausses. De sorte que cela a tendance à choquer le profane lorsqu'elles touchent un domaine très général. Foncièrement fausses, certes, mais très pratiques.
| La fausseté biologique de ce mode de classement (et non de la démarche) apparaît beaucoup plus floue dans les clés professionnelles. |
La phylogénie moléculaire induit des classifications dans l'idéal dichotomiques, chaque clade ne comportant que deux sous-clades. Les tridents et autres râteaux sont bannis: un noeud représentant la subdivision d'une lignée en plusieurs, il est plus qu'improbable qu'un seul ancêtre donne au même instant t plus de deux descendants. C'est clair et pertinent.
| http://tolweb.org/Terrestrial_Vertebrates/14952 |
En revanche, c'est rien moins que pratique. La multiplication des termes, tant pour les clades en eux-mêmes que pour les niveaux de classification, est démentielle. Linné avait défini sept niveaux en tout: règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre et espèce; l'évolution aidant, on y ajouta les empires, tribus et sous-tribus, sous-classes, infra-classes, super-ordres, sections et tant d'autres. Par ce subterfuge, ceux qui se raccrochent à l'ancien système parviendraient facilement à une cinquantaine de niveaux; mais beaucoup de phylogénistes ne s'en donnent même plus la peine, le simple terme "clade" les recouvrant tous d'un coup.
Il en résulte que bien qu'étant la seule classification biologiquement pertinente et la seule enseignée en détail, la classification phylogénétique du vivant est la moins utilisée sur le terrain et probablement, de fait, la moins utile dans quelque domaine que ce soit.
Une phylogénie n'est en soi pas une classification, mais une étude des relations de parenté: il m'est donc avis qu'elle se suffit largement à elle-même, inutile d'en faire un système de boîtes (puisque d'autres systèmes existent au préalable et que leur confort d'utilisation n'est plus à démontrer).
En la considérant (bien que ce soit quelque peu inexact) comme un arbre généalogique, faisons une simple comparaison: peut-on classer nos ancêtres?
...On me rétorquera bien sûr que certains passionnés par le sujet distinguent facilement chez les leurs une branche flamande et une branche ouzbek... Et tout tombe à plat.
Source majeure: http://tolweb.org/tree/phylogeny.html
Un site que je pourrais appeler la Bible ou plus simplement Dieu.
jeudi 16 janvier 2014
Hippogallic
Voici Hippogallic. Il s'agit d'un personnage en travaux et pour l'heure éminemment vide qui devrait commencer à s'épaissir sous peu à travers un domaine qui m'accapare plus que de raison depuis pas loin d'un an et qu'un certain nombre, il me semble, considèrent avec mépris.
J'ai aussi ma fierté je dois dire, et à mesure que j'écris ces lignes, j'hésite à en dire plus. Pour compter employer ce portrait (avec quelques autres images bientôt faites) dans une Creepypasta particulièrement conséquente que j'ai en projet avec d'autres depuis un moment, je devrais savoir qu'il a tout du cliché. Un masque vide qui regarde dans le vide, et en noir et blanc pour faire genre blanc et noir, c'est on ne peut plus classique. Mais bizarrement, je l'aime bien et je lui réserve autant d'avenir que je lui puis offrir.
Quand on le fait au sens classique du terme, l'écriture d'un ou d'une Creepypasta est un exercice pénible, déroutant ou assez enrichissant. Il ne s'agit plus de littérature, et mes facilités de rédaction (assez pédantes lorsque non muselées) voient leur valeur réduite de quelques crans. On a même tout intérêt à les laisser au placard, certains allant même jusqu'à introduire sciemment des fautes de syntaxe pour plus de crédibilité. On se retrouve en fait faussaire, et ce, sur deux plans.
-La véracité. Le plus évident est que le lecteur doive croire à ce qu'il lit. C'est le plan canular; en vérité, la majorité sont prévenus que ce qu'ils lisent est faux, mais à force de persuasion, on finit toujours par faire naître l'ombre d'un doute dans un coin de l'esprit. J'irais même jusqu'à dire qu'un doute restreint est notablement plus déroutant ou horrifique qu'une crédulité aveugle.
-L'angoisse de synthèse. Le faussaire de sentiments connaît quelques processus de peur ou d'angoisse rudimentaires, tels la vallée dérangeante dont l'existence ne me semble plus à démontrer. Principe expliqué aux ignorants: plus une chose est proche de nous et plus ses imperfections nous apparaissent monstrueuses. Pour ce qui est des masques, Lévi-Strauss a tout dit et il ne me semble pas nécessaire de développer plus.
Le canular et les sentiments forcés ne sont bien sûr pas un art et n'ont pas à prétendre en être un, mais cette discipline sait au moins se montrer distrayante autant pour son lecteur que pour son faussaire; du moins, quand elle est conduite avec soin. J'ai aimé, fut un temps, lui donner une valeur autre en la qualifiant d'artisanat, mais ça ne me semble pas beaucoup moins faux quand on y réfléchit. Je n'irai pas nier que la lecture et l'écriture de ces machins me prend une bonne part de mon temps libre; pour autant, ce n'est pas un travail, et de ce fait, non plus un artisanat. J'essaie tant bien que mal de m'en persuader pour rester un tant soit peu attaché à l'étude de la biologie.
Du coup, il me semble aisé et pratique de dire que ce n'est rien. On évite ainsi les débats et on proclame avec fierté qu'on méprise cette fiction de caniveau, quand bien même c'est ce qu'on écrit de plus comestible.
J'ai aussi ma fierté je dois dire, et à mesure que j'écris ces lignes, j'hésite à en dire plus. Pour compter employer ce portrait (avec quelques autres images bientôt faites) dans une Creepypasta particulièrement conséquente que j'ai en projet avec d'autres depuis un moment, je devrais savoir qu'il a tout du cliché. Un masque vide qui regarde dans le vide, et en noir et blanc pour faire genre blanc et noir, c'est on ne peut plus classique. Mais bizarrement, je l'aime bien et je lui réserve autant d'avenir que je lui puis offrir.
Quand on le fait au sens classique du terme, l'écriture d'un ou d'une Creepypasta est un exercice pénible, déroutant ou assez enrichissant. Il ne s'agit plus de littérature, et mes facilités de rédaction (assez pédantes lorsque non muselées) voient leur valeur réduite de quelques crans. On a même tout intérêt à les laisser au placard, certains allant même jusqu'à introduire sciemment des fautes de syntaxe pour plus de crédibilité. On se retrouve en fait faussaire, et ce, sur deux plans.
-La véracité. Le plus évident est que le lecteur doive croire à ce qu'il lit. C'est le plan canular; en vérité, la majorité sont prévenus que ce qu'ils lisent est faux, mais à force de persuasion, on finit toujours par faire naître l'ombre d'un doute dans un coin de l'esprit. J'irais même jusqu'à dire qu'un doute restreint est notablement plus déroutant ou horrifique qu'une crédulité aveugle.
-L'angoisse de synthèse. Le faussaire de sentiments connaît quelques processus de peur ou d'angoisse rudimentaires, tels la vallée dérangeante dont l'existence ne me semble plus à démontrer. Principe expliqué aux ignorants: plus une chose est proche de nous et plus ses imperfections nous apparaissent monstrueuses. Pour ce qui est des masques, Lévi-Strauss a tout dit et il ne me semble pas nécessaire de développer plus.
Le canular et les sentiments forcés ne sont bien sûr pas un art et n'ont pas à prétendre en être un, mais cette discipline sait au moins se montrer distrayante autant pour son lecteur que pour son faussaire; du moins, quand elle est conduite avec soin. J'ai aimé, fut un temps, lui donner une valeur autre en la qualifiant d'artisanat, mais ça ne me semble pas beaucoup moins faux quand on y réfléchit. Je n'irai pas nier que la lecture et l'écriture de ces machins me prend une bonne part de mon temps libre; pour autant, ce n'est pas un travail, et de ce fait, non plus un artisanat. J'essaie tant bien que mal de m'en persuader pour rester un tant soit peu attaché à l'étude de la biologie.
Du coup, il me semble aisé et pratique de dire que ce n'est rien. On évite ainsi les débats et on proclame avec fierté qu'on méprise cette fiction de caniveau, quand bien même c'est ce qu'on écrit de plus comestible.
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